Les égouts avant le XIXe siècle
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C'est vers l'an 1350 que furent construits les premiers égouts de Paris, ou, pour mieux dire, les premiers canaux appelés à recevoir les eaux superficielles et les conduire au fleuve.

Avant cette époque, ces eaux s'écoulaient tant bien que mal suivant la pente des rues, et séjournaient même en certains points, formant ainsi des cloaques infects.

Ces canaux, sur la rive droite de la Seine, étaient au nombre de deux, par suite de la direction de leur courant ; mais ils n'en formaient en réalité qu'un seul, qu'on appelait le ruisseau de Ménilmontant, et qui prit plus tard le nom de grand égout de ceinture.

Ce ruisseau, dont la pente était brisée, avait son origine au pied des coteaux de Belleville ; un versant, se dirigeant vers l'ouest, longeait le pied des coteaux et déversait en Seine, en aval de la rue Gaston-de-Saint-Paul ; l'autre versant, se dirigeant vers l'est, débouchait dans le fossé de la Bastille. Il fut prolongé plus tard jusqu'à la Seine, où il aboutissait en aval du pont d'Austerlitz.

Sur la rive gauche, les eaux superficielles avaient comme exutoires : à l'est, la rivière de Bièvre, ainsi que les fossés Saint-Bernard et Saint-Victor ; à l'ouest, les fossés de la ville, occupés aujourd'hui encore par l'égout Guénégaud qui passe sous des propriétés. Cet égout, qui n'est plus en service, débouchait en Seine à l'aval de la tour de Nesles.

Entre 1350 et 1618 furent construits d'autres ruisseaux, notamment celui de la rue Montmartre, qui fut maçonné et vouté sous le règne de Charles VI ; celui du Ponceau qui traversait la partie la plus dense de la ville et venait se jonctionner au grand égout vers la porte du Temple.

Cet égout fut voûté en partie vers 1605. Il en fut de même de ceux de la rue Vieille-du-Temple (égout Courtille-Barbette), des rues Sainte-Catherine, Saint-Louis et des Filles-du-Calvaire.

Un autre ruisseau, destiné à recevoir les eaux des Halles, venait déboucher dans l'égout de la rue Montmartre.

En 1663, la longueur des égouts voûtés était de 2 353 mètres, et celle des égouts à ciel ouvert de 8 035 mètres. Dans cette longueur figurait le grand égout de ceinture pour 6 218 mètres.

C'est seulement en 1740 que le grand égout de ceinture fut, sous la direction de Turgot, renfermé entre deux murailles d'abord et, peu de temps après, voûté.

Ainsi, pendant une période de trois siècles, on a construit un peu plus de 10 kilomètres de canaux ou égouts. Si l'on ajoute que le volume total des eaux servant journellement à l'alimentation de la ville n'était encore, vers le milieu du XVIIe siècle, que de 1 700 mètres cubes, on voit combien, à cette époque, on s'occupait peu des questions intéressant directement l'hygiène.

Les 1 700 mètres cubes d'eau dont disposait alors journellement la ville provenaient des Prés-Saint-Gervais et de Belleville, qui entraient pour 560 mètres cubes, et des sources du Rungis, qui formaient le complément.

Vers 1772, un architecte du nom de Patte proposait un système général de canalisation souterraine analogue à ce qui se pratique aujourd'hui ; mais les ressources de cette époque, et aussi certaines difficultés matérielles, empêchèrent son exécution.